ECHO DE L'INFAMIE :
Poésie

ECHO DE L'INFAMIE :

ECHO DE L'INFAMIE : Quand l'homme noir se réveille

Humaine misère,/

 

Entendez vous ces cris /

 

Cris de nos ancêtres brûlé sous un soleil de midi/

 

Cris qu'ils ont voulus étouffés par le fer / la peur / et l'oublie

 

On a survécu au fouet, meurtri et trahi/

 

Comme des morts - nés du refus/

 

On a sû / partir pour vaincre l'incertitude

 

Morphine de désespoir/

 

Couloir aux milles morts/

 

Pour le prix de la liberté /

 

On a sû être / pupille de la faucheuse

 

Dompteur du néant/

 

On a imposé notre loi/

 

À coup de canons / en l'enfer de Vertières

 

Briseurs de chaines /

 

Ils ont eu peur de ce peuple de géants/

 

Fumé par le temps/

 

Ils ont dégainés la plume ... et le papier/

 

Ils ont transformés nos cris, notre rage/

 

En une dette qui nous consume enfermées dans une cage/

 

Ils ont osé mettre un prix/

 

Sur le sang/  de nos ancêtres, leurs sueurs

Après le temps des chaînes/est venu le temps des comptes/

 

Rescapés de la souffrance des plantations

 

C'est le maître / qui a osé demander... réparations

 

Cent cinquante millions de francs/ pour le prix de notre peau/

1804: Victoire/ d'un peuple noir/par le sang/

1825: Silence d'une signature/perdue par l'encre d'un rang/ préparant le pire / un braquage/avec une facture au prix/ de nos funérailles

 

Comme si le prisonnier devait payer les barreaux/Indemnité /douce façon pour parler d'une rançon

Rançon/qui nous a coupé l'herbe sous les pieds/

Dès le premier pas,/ les rêves furent fauchés/Humiliés/ contraints d'apprendre à mendier/La tête haute brisée, le cœur agenouillé /

 

Les mains liées/par  une dette sans fin/

Un seul échappatoire est devenu le chemin/

 

L'indemnisation a vidé nos saisons/

 

Asséché Haiti/ jusqu'au fond de ses poumons/ La Cupidité a freiné l'élan/ creusé les inégalités/

 

Fragilisé L'état, fissuré la société. L'homme fière/appauvri / s'est tourné vers le ciel/ Demandant à Dieu sa faute/ en silence éternel/Quelle faute?

 

Avoir osé parler/ briser les chaînes /

 

Et croire que la liberté / n'était pas  vaine ./

 

Vivre/ce droit qu'on dit fondamental/Mais qui devient un crime / quand le nègre le réclame

On dit sourent que l'on récoltece que l'on sème

 

Mais que récolte le courage / la bravoure extrême ?/

 

Rien de glorieux, / ironie humaine

 

Seulement une malédiction/ écrite par d'autres mains

 

Gravée comme un mirage de haine/

 

Car les puissants ont décidé, dans l’ombre, de leurs lois/que l'homme noir/ne leverait jamais les yeux vers le ciel roi/

 

Une promesse d'aube a laissé place à la nuit /

 

Ils le laissèrent au mirage des mots / le mensonge, lui, resta debout/

 

Libre en parole, captif en vérité/

 

Enchaîné / dépouillé / traumatisé/

 

Ils ont distillé le poison / ce mensonge périmé /Pour que l'insoumis finisse par s' auto-détruire, épuisé

 

Dans l'angle mort  de leur cupidité, ils tirent les ficelles

Pendant que le frère tue son frère /sous une lune Infidèle/

 

Toi mon semblable/ meurtri par la même agonie/ Pourquoi lèves-tu le fer contre celui qui te ressemble ici  ?/

 

On devient les complices d'une tragédie / qui nous a , meurtrie/ Servant, sans le savoir, /les intérêts de l'ennemie

 

Pendant que lui dans l'ombre compte ses profits! /

 

Toi / à  qui ma mère a donné le sein, mon sang/ mon allié/

 

Pourquoi me tues-tu/ quand on a le même passé/  à venger! /

 

Reveille - toi /

 

C'est le dernier tour de passe- parse de leur indemnité :

Voler notre union après nous avoir tout volé/

Leur ultime victoire serait de nous voir / nous oublier/

Alors enlève le voile qui t'aveugle / car pendant que nos larmes coulent en vain/ le bourreau lui rit / en silence le ventre plein/ de notre destin/

Arrête/

Arrête de verser le sang de tes frères./

Cette terre…/

elle en a déjà trop vu,/

trop bu,/

trop pleuré./

 

Amis,/ Haïtiens, /compatriotes,

Écoutez la voix qui tremble mais qui note./

 

Prêtez-moi l’oreille,/

Non/

prêtez-moi le cœur,/

Car l’histoire nous parle encore dans la douleur./

 

Depuis deux cent vingt-deux ans d’indépendance blessée,/

D’une liberté promise,/ jamais totalement livrée./

On nous a promis la liberté,/

puis on nous a présenté la facture./

 

On a subi./

Encore/

Toujours/

 

Il est temps de réclamer ce qui nous appartient,/

Non par la haine, mais par des lendemains./

 

La liberté,/ la vraie,/ celle qui ne s’achète pas,/

Celle qui ne s’enterre pas sous le poids des lois./

 

Nous avons subi trop d’abus, trop de silences,/

Il est temps de nommer la dette,/ de réclamer réparation,/ justice.

Non./

Non à l’indemnisation./

 

Parce que la dette,/

on l’a déjà payée./

 

Payée dans les champs./

Payée dans les chaînes./

Payée dans la chair./

Payée dans le sang./

 

Arrête de tirer sur ton reflet/

L’ennemi ne porte pas ton visage/

Il se cache dans l’ombre,/

et compte pendant que nous tombons./

 

Réveille-toi./

Lève la tête./

Parle./

 

Haïti n’est pas née pour mendier./

Haïti est née pour être libre./

Indemnisation je t'accuse ,/ imposée par l’effroi,/

Un justice extrême/

nous avons déjà payé la dette… /de notre sang et de nos voix./

Envoyé de mon iPhone



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